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Huit enjeux à surveiller dans le monde municipal en 2017

Via Le Devoir

Photo: Michaël Monnier Le DevoirLe gouvernement s’est engagé à réduire le prix des billets d’avion au Québec.

7 janvier 2017 | Isabelle Porter à Québec | Québec

De Gatineau à Blanc-Sablon, de Montréal à Québec et d’Amos à Percé, quels seront les grands combats des municipalités en 2017 ? Tour d’horizon non exhaustif et dans le désordre de ce qui s’annonce.

Les élections. À l’automne prochain, toutes les villes du Québec tiendront des élections en même temps étant donné que celles-ci ont lieu à date fixe depuis 2005. Il s’agira du premier scrutin depuis la commission Charbonneau, donc une belle occasion de voir si les moeurs politiques se sont suffisamment assainies, selon Frédéric Lapointe, de la Ligue d’action civique. L’organisme compte d’ailleurs faire pression sur les candidats pendant la campagne pour qu’ils s’engagent à respecter un certain nombre de règles éthiques.

L’élection marquera en outre la fin d’une époque dans certaines villes. C’est le cas de Saguenay, où Jean Tremblay quitte son poste après pas moins de 20 années au pouvoir, ainsi que de Rimouski, où l’ancien président de l’Union des municipalités (UMQ), Éric Forest, a été nommé au Sénat. Certains espèrent qu’on verra enfin plus de femmes et de jeunes se présenter. « C’est certain qu’il y a encore de la place », plaide Richard Lehoux, le président de la Fédération québécoise des municipalités. « Au niveau des jeunes aussi », dit-il. De tous les lieux de pouvoir au Québec, les municipalités sont l’endroit où les hommes dominent le plus, avec 82 % des postes de maire.

Photo: iStockLa mer a emporté une partie de la route 132 avant Noël, en Gaspésie.

Les marées. Avec le réchauffement climatique, l’érosion des berges le long du fleuve cause des dommages de plus en plus fréquents. Le 30 décembre, une dizaine de roulottes sont tombées dans la mer à Port-Cartier et 20 résidences ont dû être évacuées à Sept-Îles. Du côté de la Gaspésie, la mer a emporté une partie de la route 132 avant Noël et, plus récemment, une section de la voie ferrée qui longe le fleuve. Des municipalités comme Percé, par exemple, vont devoir investir des sommes faramineuses dans le réaménagement du littoral (promenades, quais, etc.). Qui va payer ? « À un moment donné, ça pourra être pris en charge par le gouvernement du Québec », fait remarquer Christian Simard, de Nature Québec. À certains endroits, on va devoir déplacer des maisons et des routes, dit-il. « On ne peut plus reconstruire la route au même endroit comme on l’a fait avec la rivière Richelieu, qui est devenue une bombe à retardement. »

Les avions. On le sait, les distances sont longues au Québec et, pour de nombreux élus, la solution passe par les airs. En réponse à ces demandes, le gouvernement s’est engagé à tenir au printemps un Sommet sur le transport aérien régional. Au coeur des débats : le prix des billets. Comment faire pour rendre les vols plus abordables et attirer de nouvelles compagnies ? L’enjeu est capital, selon le vice-président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Drummondville, Alexandre Cusson. « Si je veux aller de Sept-Îles à Val-d’Or, c’est souvent à des prix plus élevés que ce que ça me coûterait pour aller à Paris. »

Des minigouvernements. Présenté à la fin de la dernière session, le projet de loi 122 consacre l’autonomie des municipalités et le départ d’une série de redditions de comptes envers les ministères. Pour le monde municipal, c’est une grande victoire. Reste à savoir quels impacts cela aura concrètement sur les citoyens et si on les sentira dès cette année. « À partir du moment où sa municipalité est plus efficace, le citoyen va voir la différence », croit le vice-président de l’Union des municipalités. Les villes auront notamment plus de marge de manoeuvre en développement économique et on peut penser que certains délais seront moins longs, précise-t-il.

Les décrets. Malgré ce vent de décentralisation, les villes ont accepté de céder du pouvoir au gouvernement pour améliorer leur rapport de force avec les syndicats municipaux. Ainsi, depuis l’automne dernier, le gouvernement du Québec a le pouvoir de décréter les conventions collectives des villes dans certaines circonstances (le projet de loi 110). Adopté à la demande de certaines villes, dont Québec, ce mécanisme sera testé au cours des prochains mois. Les villes seront-elles nombreuses à s’en prévaloir ? Quel impact cela aura-t-il sur les relations de travail ?

L’argent du fédéral. En 2016, les municipalités se sont littéralement ruées sur le nouveau Fonds fédéral pour l’eau potable et les eaux usées (le « FEPTEU »). L’enveloppe totalisant 368 millions de dollars s’accompagne d’un montant de 300 millions additionnels du Québec, l’équivalent de 83 % du financement des projets.

Sur le terrain, cela va se traduire par une multiplication des chantiers de construction, selon Yves-Thomas Dorval, du Conseil du patronat. Il faudra alors surveiller les prix, dit-il. « Parce que 2017, c’est aussi l’année de la négociation de la nouvelle convention collective dans le secteur de la construction. S’il y a une forte demande pour des travaux en génie civil, par exemple, il va y avoir une très forte demande des syndicats pour de meilleures conditions avec un rapport de force évident. »

Pendant ce temps, les lobbies municipaux attendent l’arrivée de la phase 2, qui contiendrait des sommes encore plus importantes. « Il y a eu beaucoup plus de demandes que l’argent disponible », note le maire de Drummondville, Alexandre Cusson. À la FQM, on aimerait que la deuxième enveloppe vienne en aide aux particuliers qui n’ont pas accès aux réseaux d’égouts. « Il y a au-delà de 800 000 foyers au Québec qui sont touchés par la mise aux normes des installations septiques », insiste Richard Lehoux.

L’information. Cette année encore, un grand nombre de municipalités ont été dénoncées par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec pour leur manque de transparence. À Lacolle, à Blainville et à L’Ancienne-Lorette, notamment, des caméramans ont été exclus de la salle du conseil municipal. À Saguenay, le maire Jean Tremblay a refusé de répondre aux questions d’une journaliste d’ICI Radio-Canada, l’invitant plutôt à lui parler « dans le creux de l’oreille » pour lui dire des « choses gentilles ». Cela survient de surcroît dans un contexte où les journalistes sont de moins en moins nombreux et où les médias sont de plus en plus fragiles. Cette semaine, le Sherbrooke Express s’est ajouté à la liste des médias locaux ayant fermé leurs portes. En plus, signale M. Lapointe, de la Ligue d’action civique, le projet de loi 122 risque bientôt de priver les médias locaux de revenus puisqu’il enlève aux villes l’obligation de publier les avis publics dans les journaux,

Le pétrole. TransCanada ira-t-il de l’avant avec le projet Énergie Est ? Chose certaine, les municipalités sont très mobilisées devant les enjeux énergétiques et le très controversé projet de loi 106. Imposé sous le bâillon à la fin de la dernière session, il donne notamment aux entreprises pétrolières détentrices de « claims » le pouvoir d’exproprier les propriétaires des terrains qui les intéressent. De plus, les villes ne pourront pas bloquer des projets pétroliers sur leur territoire lorsque des permis d’exploration ont été donnés.

Ce texte fait partie de notre section Perspectives.

Catherine Cadotte

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